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Intégration de la pensée en cycle de vie dans la prise de décision

Avancées sectorielles

Avancées méthodologiques
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La sélection finale sera basée sur l’intérêt suscité lors de l’appel à abstracts et leur pertinence. Par conséquent, certaines sessions sélectionnées ci-dessous pour l’appel à abstracts pourraient ne pas figurer dans le programme final du congrès.
Intégration de la pensée en cycle de vie dans la prise de décision
Analyse du cycle de vie, écoconception, criticité des matériaux sont des méthodes et des concepts dont la maitrise devient essentielle dans le contexte de la nécessaire transition environnementale qui est en marche. La présence de cours ayant trait à ces thématiques dans les cursus établissements supérieurs (universités, hautes écoles, grandes écoles, …) est encore très inégale et reste relativement récente. Ce faisant, il existe un besoin de formation continuée pour les générations d’étudiants aujourd’hui en entreprises et qui n’ont pas eu l’opportunité de suivre ce type de cours. Dans cette session des contributions sont attendues sur différentes sous thématiques :
- Etat des lieux des enseignements de l’ACV, éconception et criticité (dans un établissement, une région, un pays…)
- Partage d’expérience sur des méthodes d’enseignements innovantes
- Partage d’expérience sur la mise en place de formations au sein d’entreprise ou via des associations de formation continuée
- Réflexions sur les besoins futurs en lien avec les challenges actuels (émergence de l’IA, communication environnementale, éco-conception,…)
La Commission européenne propose un nouveau cadre d’éco-conception : l’ESPR (Ecodesign for Sustainable Product Regulation). Cette réglementation exige que les entreprises fournissent un passeport numérique intégrant les résultats d’Analyse du Cycle de Vie (ACV) ainsi que les axes d’amélioration pris en compte, et ce, pour l’ensemble de leurs produits. Produire l’ACV d’un produit phare ne suffira plus. Comment changer d’échelle ? Cette session vise à explorer cette transformation à travers trois axes clés :
- Les outils : les solutions se développent, les calculs sont plus rapides et les bases de données plus complètes. Mais ces outils sont-ils suffisamment matures ?
- L’engagement : un outil sans données spécifiques au produit est inutile. Comment mobiliser les fournisseurs, les former et les accompagner dans le partage des données ?
- La stratégie : comment représenter les résultats de manière pertinente pour orienter les décisions, non plus seulement au niveau d’un produit, mais de l’ensemble de l’offre ?
Nous sommes à un moment charnière dans la courbe de Gartner : au-delà de l’illusion et de la désillusion, il s’agit désormais de passer à une mise en œuvre concrète.
Mesurer, c’est pouvoir agir, et la mesure des impacts environnementaux des produits n’a jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui. L’analyse du cycle de vie est une méthode mature et reconnue, aujourd’hui largement déployée, encouragée et même parfois imposée par de nombreux leviers gouvernementaux et sectoriels. La question que nous nous proposons de poser dans cette session est la suivante : dans quelle mesure le récent engouement pour la mesure de l’impact environnemental se traduit-il par des plans d’action concrets visant à la réduction des impacts des produits à unité fonctionnelle égale ? Sommes-nous à l’aube d’un nouvel âge industriel marqué par une systématisation de la pensée cycle de vie dans le processus de développement produit ? Ou existe-t-il encore aujourd’hui des freins majeurs à la recherche de l’impact environnemental minimum ? Ces freins sont-ils d’ordre méthodologique, technique, commercial, managérial ou légal ? Quel rôle les métiers de l’entreprise d’aujourd’hui jouent-ils dans la mise en œuvre de plans d’éco-conception concrets, et à quelles limites sont-ils confrontés ?
À travers cette discussion et les contributions apportées à cette session, nous tenterons de faire le bilan des leviers d’action à la disposition des différents acteurs de l’entreprise industrielle actuelle pour encourager une mise en œuvre plus systématique de l’éco-conception. Et, ainsi, faire en sorte que mesurer, ce soit agir.
Les impacts sociaux et environnementaux sont souvent évalués séparément, alors que leurs interactions semblent inévitables pour une démarche durable. Par exemple, la catégorie « santé humaine » est un enjeu clé commun aux deux approches, mais évalué par des méthodes différentes et complémentaires. La complémentarité entre ces deux types d’évaluation, social et environnemental, peut offrir un cadre permettant de mieux comprendre les différents types d’impacts liés à un produit, facilitant ainsi une prise de décision plus responsable. Cette session vise à explorer les avantages d’une approche hybride socio-environnementale pour évaluer les impacts d’un produit, permettant ainsi d’éviter les transferts d’impacts d’un volet à l’autre. Trois principales échelles peuvent être couvertes :
- Projet et conception : Comment intégrer l’évaluation socio-environnementale dès la conception des produits ? Comment assurer la cohérence des deux méthodes, et prendre en compte les effets rebond et les modes de consommation ? Méthodes : Empreinte projet socio-environnementale, Éco-socio-conception, …
- Organisation et entreprise : Comment appliquer l’ACV socio-environnementale dans les processus RSE ? Méthodes : ACV organisationnelle, Analyse de matérialité (CSRD/RSE) …
- Échelle géographique : Comment adapter les approches socio-environnementales aux contextes territoriaux (ex. région/pays) ? Méthodes : Approche couplée ACV-EEIO, …
L’économie circulaire vise à optimiser l’utilisation des ressources via des stratégies d’allongement des durées de vie, d’intensification d’usage, de réparation, de réutilisation et de recyclage. Pour s’assurer que ces stratégies apportent de réels bénéfices environnementaux sans générer d’effets indésirables, le management du cycle de vie peut se baser sur des outils et indicateurs clés. Cette session invite à explorer :
- Les avancées méthodologiques récentes, et leurs applications, permettant d’évaluer plus précisément les bénéfices et limites des modèles circulaires. À l’échelle des produits (micro), il pourra s’agir d’approches ACV pour une meilleure prise en compte du recyclage, ou le développement d’indicateurs associées aux ressources (par ex. dissipation des métaux, empreinte plastique, etc.). Aux échelles méso et macro, il s’agira d’explorer comment la combinaison de l’ACV et d’autres méthodologies (par exemple, l’analyse des flux de matières – MFA – dynamique) peut permettre une évaluation plus systémique de l’efficacité des stratégies circulaires.
- Des cas d’étude concrets pour identifier quels modèles d’économie circulaire réduisent les impacts environnementaux selon les matériaux et les secteurs, sans compromis défavorables.
L’objectif est de mettre en lumière les approches les plus robustes et innovantes pour guider la transition vers des modèles circulaires soutenables.
La décarbonation des activités économiques est une des politiques exigeantes menées au niveau mondial pour réduire de façon significative les impacts des émissions de gaz à effet de serre. Toutefois, si trois secteurs principaux sont ciblés comme étant les plus émetteurs – à savoir celui de la métallurgie, celui de la chimie et celui des industries cimentières – d’autres nombreux secteurs sont aussi concernés par cet objectif, et de multiples solutions voient le jour.
Ces solutions sont souvent émergentes, et combinent l’arrivée de nouvelles technologies à intégrer dans les process actuels et le recours partiel à l’intégration de matières issues du recyclage. Pour apprécier leurs réelles pertinences et se préserver d’effet rebonds, l’ACV paraît être un des outils les plus aptes à réaliser cette évaluation.
Toutefois la plupart des méthodologies d’ACV utilisées suivent la norme de tel ou tel secteur, avec un certain nombre de libertés dans leur application, qui ne permettent pas d’assurer une pleine homogénéité de calcul. Elles sont aussi confrontées à l’appréciation ex ante de procédés peu matures, et dont les données sont encore fragiles. Il convient donc de les compléter par des calculs – notamment de l’empreinte carbone – que l’on se propose de standardiser et de rendre plus robuste. Il n’existe par exemple pas, actuellement, de consensus au sein de la filière sur le calcul de l’empreinte carbone des métaux issus du recyclage.
La session abordera – au travers d’exemples sur des secteurs emblématiques – les avancées méthodologiques mises au point pour répondre à ces défis.
Les avancées sectorielles
Les villes jouent un rôle clé dans l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2050, hébergeant 75 % des citoyens européens et étant responsables de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. L’ACV permettant d’éviter les transferts de pollution, il est essentiel d’intégrer cette méthode dans les prises de décision dès la phase amont des projets d’aménagement urbain. Cela soulève des questionnements méthodologiques relatifs à la précision des résultats tels que la prise en compte des incertitudes et de la spatialisation ou encore l’homogénéisation des données et de la méthode selon les secteurs économiques. De plus, la systématisation des études ACV en phase amont nécessite une évolution des outils qui doit être réfléchie avec les acteurs concernés, avec une attention particulière à la définition de l’unité fonctionnelle. Cette session explorera les solutions techniques et méthodologiques pour l’évaluation environnementale des projets urbains.
La gestion du cycle de vie des solutions de batteries utilisées dans les secteurs de la mobilité, des applications stationnaires et industrielles constitue un enjeu majeur pour la transition énergétique et l’économie circulaire. Cette gestion implique l’utilisation d’outils d’Analyse du Cycle de Vie (ACV) afin d’évaluer l’impact environnemental des batteries, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à leur fin de vie. Par ailleurs, l’analyse de criticité des ressources permet d’identifier les matériaux stratégiques à risque, tels que le lithium, le cobalt ou le nickel, et d’anticiper les défis liés à leur disponibilité et à leur recyclabilité. L’évolution de la réglementation, notamment avec le Règlement européen sur les batteries (Battery Regulation 2023), impose des exigences strictes en matière de durabilité, de traçabilité et de taux de recyclage, influençant ainsi les stratégies industrielles. Cette session met en lumière l’importance d’une approche intégrée combinant ACV, gestion des ressources critiques et conformité réglementaire pour optimiser la durabilité des solutions de batteries et favoriser une économie circulaire performante. Les échanges permettront de comprendre les meilleures stratégies à mettre en œuvre pour un développement économique pérenne et bénéfique à l’environnement.
L’industrie des transports fait face à des défis environnementaux croissants, nécessitant une transformation des pratiques de conception. À cet égard, l’intégration de l’environnement dans les processus de conception se révèle essentielle pour réduire l’empreinte environnementale des produits de ce secteur. À ce titre, l’intégration de pratiques d’écoconception requiert une vision stratégique forte et un engagement de l’ensemble des parties prenantes, depuis la direction jusqu’aux équipes opérationnelles. Il s’agit de former des équipes interdisciplinaires dédiées à la mise en œuvre de ces nouvelles pratiques. La sensibilisation et la formation continue des collaborateurs sont ainsi cruciales pour ancrer les principes de l’écoconception dans la culture d’entreprise. Il est également nécessaire de revisiter les processus de conception traditionnels pour y incorporer des critères environnementaux.
Cela inclut l’ajout d’étapes spécifiques pour l’évaluation des impacts environnementaux, et ce, dès les premières phases de la conception. Enfin, les méthodes et outils d’écoconception jouent un rôle central dans cette transformation. Du travail collaboratif aux outils d’analyse du cycle de vie les plus avancés, l’intégration de l’écoconception doit être accompagnée d’un large panel de méthodes et d’outils afin de répondre aux multiples besoins et enjeux à différents niveaux, selon les technologies développées.
Alors que le concept de pensée cycle de vie et l’approche d’éco-conception séduit pour sa vision holistique et sa promesse de réduire les impacts environnementaux des systèmes lors des phases de développement et d’exploitation, qu’en est-il dans la réalité ? L’implémentation de la pensée cycle de vie dans les processus de développement des systèmes spatiaux et aéronautiques est indispensable pour une prise de décision éclairée proposant une diminution de leurs impacts environnementaux et ainsi contribuer aux enjeux de durabilité. Aussi, cette session a pour objectif d’explorer les avancées, les succès, les biais et les limites méthodologiques de la mise en place de l’éco-conception dans ces secteurs industriels. Il s’agit notamment de s’interroger sur :
- Les spécificités des secteurs susmentionnés et leurs incidences dans la mise en place d’une approche d’écoconception,
- L’adaptation des méthodologies et des bases de données liées aux méthodologies d’éco-conception et en particulier celle de l’Analyse du Cycle de Vie,
- Les défis liés aux indicateurs environnementaux dits classiques et spécifiques des secteurs,
- La sélection et le développement de technologies plus respectueuses de l’environnement,
- L’évaluation et le traitement des effets rebonds et/ou des transferts d’impacts.
L’évaluation environnementale des systèmes énergétiques est essentielle pour accompagner la transition vers des modèles plus durables. L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) permet d’identifier les filières les plus performantes et d’éclairer les choix stratégiques. Toutefois, les approches classiques de cette méthodologie ont des limites dans un contexte où les systèmes énergétiques évoluent rapidement. Ainsi le cadre méthodologique de l’ACV doit être développé pour mieux refléter la complexité des systèmes énergétiques en transformation. Cette session propose d’explorer trois dimensions essentielles :
- Prospective : anticipation des évolutions technologiques, des changements du mix énergétique et des dynamiques sociétales via des scénarios exploratoires.
- Dynamique : prise en compte des variations temporelles des impacts environnementaux, des rendements et des modes de consommation énergétique.
- Spatiale : intégration des spécificités géographiques des ressources, des usages et des impacts pour affiner les analyses.
À travers des études de cas et des réflexions méthodologiques, cette session vise à identifier les leviers d’amélioration pour des évaluations prenant en compte ces trois dimensions. L’objectif est d’optimiser la planification énergétique et de développer des outils innovants adaptés aux enjeux actuels de transition énergétique.
Les avancées méthodologiques
La session « bénéfices de la recherche collaborative en analyse environnementale » vise à présenter des travaux de recherche réalisés en collaboration, associant des entreprises, les pouvoirs publics, des centres de recherche et des consultants experts, à l’image de ceux produits chez SCORE LCA. Elle sera l’occasion de présenter les derniers résultat des recherches réalisées, en focalisant notamment sur ce que l’association de plusieurs acteurs de l’éco-système des ACV permet de réaliser, par exemple la réalisation de cas d’étude spécifiques.
Les avancées méthodologiques apportées, et appliquées au sein des cas d’étude, seront présentées au cours de la session. Ces présentations permettront aux réalisateurs de la recherche de présenter leurs conclusions, et à ceux qui ont utilisé les recommandations de ces travaux de montrer comment ils les ont appliquées. Les présentations permettront aussi d’identifier les axes de progrès des normes et recommandations existantes, notamment ISO 14044 et ISO 14067, ainsi que celles qui les appliquent, comme EN 15804+A2. Ces axes de progrès sont destinés à être portés en normalisation, et promus dans les démarches réglementaires en cours (PEF, ESPR, CPR, Green Claim Directive…).
Au-delà de l’écoconception, les principes du SSbD (Safe and Sustainable by Design) cherchent à réduire les impacts sur la santé humaine et l’environnement des matériaux et de leurs produits chimiques associés dès leur conception. Fin 2022, le Joint Research Council a lancé une démarche fournissant un cadre d’implémentation (Framework) du SSbD, avec une procédure et des critères à tester pour pouvoir l’améliorer. La thématique SSbD est soutenue par l’Europe avec des projets en cours et de nouveaux appels à projets à venir. Ceux-ci testent le framework sur des cas d’application et/ou développent des méthodes et outils pour intégrer l’évaluation des solutions SSbD (questionnaire, scoring, aide au choix entre solutions innovantes). En 2025, une nouvelle version du framework sera publiée basée sur des retours d’expérience. L’évaluation SSbD est réalisée sur plusieurs dimensions (steps) dans une perspective de cycle de vie :
- 1 à 3 pour la sécurité,
- 4 pour l’environnement (ACV environnementale)
- 5 pour les aspects socio-économiques (LCC et ACV sociale).
Cette session propose aux projets testeurs de faire un retour des résultats, problèmes rencontrés et propositions d’améliorations, à mettre en regard du Framework 2025, ainsi que les approches mises en œuvre pour intégrer les steps du Framework.
Plusieurs grandes entreprises doivent aujourd’hui se préparer à accomplir rapidement des analyses du cycle de vie (ACV) selon différents standards et règles sectorielles (par exemple : FDES) pour répondre au cadre législatif européen. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de recourir à différentes solutions numériques pour gérer les besoins accrus des entreprises en matière d’accès aux données et pour la réalisation d’ACV avec des outils simples. Ces besoins semblent avoir été entendus par divers organismes et entreprises qui développent des solutions intégrées. Cela étant dit, le développement rapide de ces solutions et les descriptions limitées de leurs possibilités soulèvent des questions sur la capacité des experts à gérer le flux grandissant d’études ACV qui devront être vérifiées.
Nous proposons donc une session qui permettra à différents acteurs de présenter les défis de vérification au sein des outils numériques, les aspects clés à considérer pour des comparaisons justes et des pistes de solutions pour maintenir un haut niveau de confiance envers les études ACV qui seront réalisées à l’avenir avec les outils numériques.
La prise en compte des limites planétaires, et leur bonne intégration dans les modèles d’analyse de cycle de vie (ACV), est un enjeu essentiel pour une évaluation absolue de la durabilité environnementale mais qui pose de nouveaux défis aux practitiens d’ACV, à la fois d’ordre méthodologique (p. ex., réduction d’échelle des limites planéraires, allocation des impacts) et pratique (p. ex., accès aux données).
En parallèle de ces défis méthodologiques et pratiques, cette session souhaite ouvrir la discussion sur la possibilité d’une telle évaluation lors des phases de conception et développement, non seulement de nouveaux produits (p. ex., matériaux avancés, processus et/ou technologies innovantes) mais aussi des systèmes territoriaux (p. ex., chaines de valeurs circulaires à l’échelle régionale ou nationale).
Dans le même temps, cette session invite toute contribution – méthodologique et/ou pratique, académique et/ou industrielle – discutant des défis et/ou solutions pour une bonne – i.e., scienfiquement fondée et pragmatique – quantification de la performance des pratiques d’économie circulaire :
- de la définition des frontières du systèmes à l’allocation des impacts, en passant par les données d’inventaire du cycle de vie circulaire ;
- de la compatibilité entre indicateurs d’ACV et de circularité, et de leur utilité pour orienter des prises de décisions circulaires durables ;
- de la proposition méthodologique au développement d’outils ;
- des retours d’expériences sur la co-jointe application des normes ISO 14040/44:2006 et ISO 59020:2024.
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) joue un rôle clé dans l’évaluation des impacts environnementaux des entreprises, mais son intégration avec les enjeux réglementaires, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la bioéconomie, reste un défi majeur. Concernant la biodiversité par exemple, si les méthodologies actuelles considèrent des usages directs comme l’occupation et la transformation des terres ou des drivers indirects (climat, écotoxicité, eutrophisation…), elles peinent encore à capter la diversité des pressions exercées sur les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins. Des phénomènes tels que la fragmentation des habitats, les pollutions complexes, la surexploitation des ressources et l’altération des fonctions écologiques nécessitent des approches méthodologiques plus fines et adaptées.
Avec l’accélération de l’érosion de la biodiversité et les nouvelles exigences réglementaires, notamment la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), il devient essentiel d’affiner les modèles d’impact, de développer des métriques adaptées, d’établir des référentiels et de s’assurer que l’ACV puisse répondre aux attentes des entreprises en matière de reporting et de prise de décision.
Cette session s’intéressera aux « Méthodologies, métriques et alignement avec les attentes réglementaires : de l’agroalimentaire à une bioéconomie durable et ses transformations »en se concentrant sur les évolutions méthodologiques pour mieux intégrer les impacts sur la biodiversité, en particulier dans les secteurs de la bioéconomie et de l’agroalimentaire. Elle abordera : (1) les avancées méthodologiques pour mieux représenter les impacts sur la biodiversité terrestre, d’eau douce et marine dans l’ACV, (2) les métriques disponibles pour quantifier ces impacts et leur pertinence pour les entreprises, (3) l’alignement entre les résultats d’ACV et les exigences de la CSRD pour un reporting structuré et actionnable, et (4) les défis et opportunités liés à l’application de ces approches dans les stratégies d’entreprise.
Destinée aux praticiens de l’ACV et aux décideurs d’entreprise, cette session mettra l’accent sur les solutions concrètes et sur les perspectives de développement pour une ACV intégrant pleinement les enjeux de biodiversité. Au-delà du sujet de la biodiversité, elle considèrera également les liens entre ACV et enjeux réglementaires vers des pratiques durables dans les secteurs de la bioéconomie et de l’agroalimentaire.
Différents efforts sont faits actuellement pour réduire les impacts environnementaux de la recherche scientifique française. Un premier effort transparait à travers les actions du GDR Labos 1point5[1]. Ces actions sont importantes pour sensibiliser et/ou mobiliser celles et ceux qui font la recherche, pour en réduire l’empreinte environnementale (à défaut carbone), tout en permettant d’avoir des données de premier plan sur les émissions de gaz à effet de serre liées au fonctionnement des laboratoires. Ces efforts doivent être poursuivis pour évaluer de manière exhaustive les différents impacts liés à la recherche française, plus particulièrement dans le domaine de l’ingénierie et des technologies émergentes. En particulier, il s’agit de se saisir des évolutions récentes des méthodologies d’évaluation environnementale, en particulier celle de l’analyse du cycle de vie (ACV). L’ACV a été initialement développée pour évaluer des produits industriels, fabriqués à l’identique à grande échelle, et issus de systèmes techniques matures sur lesquels des données de premier plan peuvent être collectées en limitant les variabilités temporelles, spatiales et technologiques.
Il existe actuellement un intérêt fort à l’échelle européenne pour le développement de l’ACV prospective, ou ex-ante, portant sur des technologies en cours de développement dans le cadre de recherches, technologies par définition non matures, avant leur déploiement à large échelle sur le marché. Dans ce cadre, l’ACV doit permettre selon van der Giesen et al (2020) « d’anticiper les impacts environnementaux potentiels évitables », « d’éviter les verrouillages environnementaux », « d’analyser les impacts environnementaux potentiels d’une technologie à un stade précoce de sa courbe de développement » et « d’éviter les investissements dans les technologies ayant un impact environnemental élevé ». Cette analyse implique également la considération d’hypothèses d’évolution du système socio-économique à différentes échelles géographiques, conditionnant autant l’acceptabilité de certaines propositions technoscientifiques que leur pertinence au regard d’objectifs de réduction des impacts environnementaux, en se basant sur les limites planétaires par exemple.
Cette session propose de rassembler des acteurs impliqués dans l’évaluation environnementale des projets de recherche scientifique, et de dresser un état des lieux 1) des approches mobilisées pour évaluer des impacts environnementaux de la recherche telle qu’elle se fait actuellement, mais surtout 2) des développements méthodologiques permettant d’évaluer les impacts liés aux usages futurs des innovations technologiques issues des laboratoires de recherche. Dans cette optique d’évaluation prospective sur le cycle de vie, il s’agira notamment de discuter des verrous scientifiques à lever, relatifs à la disponibilité de données de premier plan représentatives du système technologique en cours de développement, aux projections quant au « futur paysage de déploiement de la technologie », et à la prise en compte des « deep » incertitudes afférentes. Ces verrous renvoient à la prise en compte, pour l’évaluation environnementale d’une technologie, des changements d’échelle qu’impliquent son déploiement (Shibasaki et al 2007 ; Piccinno et al 2016), de son niveau de maturité technologique (TRL) et des incertitudes sur les résultats (Groen et al 2014 ; Igos et al 2019).
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